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Maria est fière de voir à Marseille vibrer cette expression si poignante du peuple gitan qui lui a donné tant de force et de volonté.
LA MARSEILLAISE
1986 : Fille d’immigrés espagnols (de Salamanque, très exactement), j’ai franchi la porte du flamenco à l’âge de 22 ans, en étudiant les textes de ces chants si particuliers aux côtés de Benito PELEGRIN à la faculté d’Aix en Provence. J’ai très vite voulu apprendre à danser les rythmes que je découvrais. J’ai fait mes premiers pas de sévillanes et de danse « classique-espagnole » avec Carmen Doniz, au Centre Espagnol de Marseille. C’est d’ailleurs Carmen, qui m’a conseillé d’aller voir du côté des studios de Madrid pour y travailler avec les grands maîtres de l’époque. Et c’est dans les vieilles salles de l’école mythique « d’AMOR DE DIOS » que j’ai vraiment découvert la danse flamenca. Avec La Tati, Maria Magdalena, Paco Romero…
De retour à Marseille, et en n’étant encore qu’une débutante, je décide de transmettre le peu que je sais, en donnant des cours dans les salles de Titus et Helena Pomsar.
1991-1996 : L’engouement vient vite, et je vois bien que ma passion trouve un écho chez mes élèves. Sans jamais arrêter d’aller en Espagne pour approfondir ma formation, je me lance le défi de monter une compagnie et une première pièce : Flamenco Fragua y Caballos, à la Campagne Pastré.
Après avoir ouvert « le Centre Artistique Duende » et « les Studios du Cours », et comme poussés par le destin, mon mari Marc, et moi, décidons de créer LE CENTRE SOLEA, toujours près du Vieux Port. Le flamenco devient donc une histoire de famille, et un engagement total.
Ce nouveau lieu connaît immédiatement un succès fou. Il faut dire qu’on y est bien « chez Solea ». Marco est toujours là pour accueillir les artistes, les élèves, les gens de passages… en dégustant un petit « fino » et une tranche de « jamon ibérico ». La déco est soignée. On se croirait dans une taverne andalouse, une « peña flamenca » de Jerez ou de Séville. On décide d’organiser des stages, des master-class, des conférences, des voyages, des ferrades, des cours de danse, des spectacles… Une identité et une âme fortes habitent les murs dès les premiers instants.
Par ailleurs, le flamenco devient à la mode et plait de plus en plus aux Marseillais. On appelle la Compagnie Solea pour des spectacles et des animations, à la Vieille Charité pour l’INA, dans le cadre du Festival du Documentaire, pour CANAL +…
C’est à cette même époque que Françoise CHATOT fait appel à moi pour chorégraphier la pièce Le Baiseur de Séville, qui est en fait la traduction de Benito PELEGRIN, du célèbre Don Juan de Tirso de Molina.
Après un tour à la télé avec Michel CARDOZ, dans son émission SUDS, la compagnie part en tournée aux côtés de Bernardo SANDOVAL, dans les cafés concert de la Région et participe au festival Ouverture Danse au théâtre de la Minoterie.
1997 : Les artistes que j’ai invité au fil des master-class et autres programmations, m’incitent à aller plus loin. Je me lance donc dans une nouvelle création : Sonidos del Cuerpo, d’après le poème de Manuel Altolaguirre. Nous la jouons dans un contexte exceptionnel : les Carrières de Taillades.
1998 : Apolline Quintrand, directrice du Festival de Marseille, fait appel à nous pour assurer des animations dans les cafés du Vieux Port, pendant la durée du Mondial de foot-ball. C’est à l’issue de ce mondial, que je danse en première partie de la Macanita, sur le grand podium du Vieux-Port.
Cette année là, L’Opéra de Marseille fait également appel à moi pour danser et chorégraphier La Vie Brève de Manuel de Falla.
1999-2003 : La Compagnie Solea se produit dans les villes de la région et mon travail est reconnu par le public et les collectivités territoriales : Château de la Tour d’Aigues, Toursky, l’Astronef, Théâtre de Grasse, Les Docs des Suds, Gymnase, Belcodène, Saint Paul lez Durances, Bouc Bel Air, Cassis, Aix en Provence, Allauch…
Parallèlement à ce travail de diffusion, le Centre Solea continue ses activités diverses et multiples. Les artistes espagnols nourrissent mon travail, et partagent la scène avec nous à certaines occasions : Adrian Sanchez, Pilar Ortega, Adela Campallo.
Pour ce qui est de ma formation personnelle, je vais chercher mon inspiration à Séville, plus qu’à Madrid. Là je découvre un nouveau style et une approche plus authentique des racines du flamenco. Certaines personnalités vont me marquer, et même m’impressionner : Pilar Ortega, et Adela Campallo, en particulier, qui m’ouvrent les portes d’un flamenco moderne et à la fois très féminin.
2004 : Année marquée par les 10 ans du Centre SOLEA. En collaboration avec le théâtre Gyptis, le Gymnase, et le Conseil Régional, je décide de monter la pièce qui me trotte dans la tête depuis de nombreuses années : La Monja Gitana, d’après le poème de F. G. Lorca. Le spectacle, programmé au théâtre Gyptis, affiche complet les trois soirs, et c’est un succès incroyable.
2005 : Au Gymnase je crée, avec les élèves du Centre : Grito. Pièce d’un tout autre registre, basée sur le thème du cri.
2006 : Le travail de recherche me plait de plus en plus, et je décide d’explorer une nouvelle approche pour la gestuelle flamenca : le contact d’un corps avec un autre. Le résultat fut étonnant, dans le spectacle Con Tacto au théâtre Gyptis.
2007 : Des relations vraiment privilégiées se sont crées avec notre équipe de musiciens, et ma fille Ana a bien grandi. C’est ensemble que l’on tente une expérience nouvelle au sein du Centre Solea. Je veux changer le concept du Tablao traditionnel, avec le spectacle Energias, qui bouscule le public. Tout y est mais pas dans l’espace ou le temps qu’on aurait pu croire.
2008 : De nouvelles perspectives s’ouvrent sur ma route. Le Centre Solea est toujours là, plus fort que jamais. Il est connu jusqu’à Séville par des artistes hors du commun, qui le respectent et le considèrent comme un haut lieu du flamenco en France. La jeune génération arrive et nous bouscule. J’en suis enthousiasmée, et encore plus motivée pour aller de l’avant dans la création de spectacles et l’organisation d’événements. |
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